Application sorties amicales : laquelle choisir en 2026 ?
En 2026, aucune application de sorties amicales ne fonctionne partout en France, et le critère qui décide de tout n'est ni l'interface ni l'algorithme : c'est la densité de membres dans votre ville précise. Timeleft, l'application française de dîners entre inconnus le mercredi soir, ne couvre que dix villes — Bordeaux, Lille, Lyon, Marseille, Montpellier, Nantes, Nice, Paris, Strasbourg et Toulouse — et fonctionne désormais sur abonnement, à partir de 17,99 €, repas non compris. OnVaSortir affiche 39 € pour un mois, avec un compte gratuit réduit à la simple consultation des profils. Meetup reste gratuit pour les participants et fait payer l'organisateur.
Ce que ces comparatifs ne font jamais, c'est vérifier si l'application vit réellement là où vous habitez. Nous avons relevé le 17 juillet 2026 les compteurs publics d'OnVaSortir ville par ville : à Toulouse, le site revendique 18 075 membres actifs mais n'a vu passer que 136 sorties depuis le 1er janvier, pour 163 participations — soit 1,2 personne par sortie, c'est-à-dire l'organisateur et presque personne d'autre. À Paris, la moyenne tombe à 3,2 participants malgré des jauges à douze. Ce chiffre-là change tout, et il n'apparaît dans aucun guide. Si vous cherchez plutôt quoi faire que qui voir, notre comparatif des applications pour trouver un événement autour de vous traite l'autre moitié du problème, et le programme de ce qu'il y a à faire aujourd'hui à Lyon montre à quoi ressemble une ville où l'offre ne manque pas.
| Application | Ce qu'elle fait | Prix réel 2026 | Villes en France | Pour qui |
|---|---|---|---|---|
| Timeleft | Dîner à six avec des inconnus, le mercredi | Abonnement dès 17,99 € + le restaurant | 10 | Nouvel arrivant en métropole |
| OnVaSortir | Sorties proposées par les membres | 39 € le mois · 23,75 €/mois en forfait 4 mois | Des dizaines, mais 6 réellement actives | Paris, Lyon, Lille, Nice, Marseille |
| Meetup | Groupes thématiques récurrents | Gratuit pour vous · l'organisateur paie | Grandes villes | Langues, jeux, tech, expatriés |
| Bumble (mode BFF) | Profils à faire défiler | Gratuit, limité par un quota quotidien | Non communiqué | Essai sans engagement |
| Knockk | Sorties entre membres | Gratuit, achats intégrés 0,99–59,99 € | Paris, Marseille, Lyon, Toulouse | Moins de 30 ans |
| Oniva | Trouver quoi faire, pas qui voir | Gratuit | Toute la France | Groupe déjà constitué |
Événements et sorties à Lyon
Deux besoins opposés que les comparatifs mélangent
« Application sorties amicales » recouvre deux problèmes qui n'ont presque rien en commun, et c'est la première raison pour laquelle les guides déçoivent. Le premier : vous ne connaissez personne, ou plus personne, et il vous faut rencontrer des gens. Le second : vous avez des amis, mais le groupe n'arrive jamais à décider, et la conversation meurt dans un fil de messages. Une application conçue pour le premier problème ne résout pas le second.
Le chiffre qui cadre le sujet vient de l'étude Solitudes 2025 de la Fondation de France, réalisée par le Crédoc auprès de 3 000 personnes de 15 ans et plus en juillet 2025 : 32 % de la population se trouve en situation d'isolement ou proche de l'isolement, en regroupant les personnes isolées et celles dont la sociabilité se limite à un seul réseau. L'isolement relationnel strict touche 11 % des Français. Mais le sentiment de solitude, lui, inverse la carte : il concerne 28 % des habitants des agglomérations de plus de 100 000 habitants contre 21 % en zone rurale, et culmine chez les jeunes — 37 % des moins de 25 ans déclarent se sentir seuls.
Le baromètre de la Fraternité publié par l'Ifop en décembre 2025 ajoute la nuance qui explique le succès de ces applications : 78 % des Français estiment qu'« on n'est jamais assez prudent quand on a affaire aux autres », et seuls 22 % pensent que l'on peut faire confiance à la plupart des gens, contre 36 % en 2019. Pourtant, 74 % se disent prêts à échanger davantage avec des personnes différentes d'eux. L'envie est intacte, la confiance non — et c'est précisément ce qu'une application structurée fournit : un cadre, une heure, une table, une raison légitime d'être là. Le même baromètre livre le chiffre le plus dur du lot : seuls 64 % des Français estiment avoir l'énergie d'aller vers les autres. Pour choisir l'outil adapté à un besoin précis, notre guide sur quelle application choisir pour trouver une sortie détaille la logique inverse, celle de la découverte d'activités.
Timeleft : le dîner du mercredi, et la fin du ticket à 13 €
Timeleft réunit six inconnus autour d'une table de restaurant le mercredi soir. L'application est française — Timeleft SAS, basée à Paris, fondée par Maxime Barbier, ancien de MinuteBuzz, et Adrien De Oliveira. La société existe depuis 2020, mais le concept du dîner n'a été lancé qu'en avril 2023, après plusieurs pivots : c'est pourquoi les bases de données de startups affichent des dates de création contradictoires.
Le mécanisme est volontairement rigide. Vous répondez à un questionnaire de personnalité, vous choisissez une tranche de budget et une langue, puis l'algorithme vous place avec cinq autres personnes. Vous ne connaissez ni les convives ni le lieu à l'avance : le restaurant est révélé quelques heures avant, et le numéro de table une heure avant. Aucun échange de messages n'est possible avant le dîner — les contacts ne s'ouvrent qu'après, dans un onglet « Connexions ». Dans certaines villes, un bar surprise prolonge la soirée, sous le nom de Last Drinks.
Le point que la plupart des articles français ratent : le ticket à l'unité n'existe plus. Timeleft fonctionne désormais uniquement par abonnement — « la réservation nécessite un abonnement actif » — et les pages d'aide qui documentaient les tickets renvoient aujourd'hui une erreur 404. L'App Store français liste trois formules : 17,99 €, 41,99 € et 56,99 €. Les blogs qui annoncent encore « 13 € le dîner » recopient un modèle tarifaire supprimé. Et l'abonnement ne paie pas le repas : la nourriture et les boissons se règlent sur place, ce qui double facilement l'addition réelle.
Ce que le site ne met pas en avant : la division de l'addition n'est pas garantie. Le centre d'aide de Timeleft l'admet noir sur blanc et conseille de prévoir des espèces, certains restaurants refusant de séparer une note de six couverts. Il existe aussi une pénalité d'absence : si vous ne venez pas sans annuler, des frais équivalents à 35 % du prix d'un abonnement mensuel sont prélevés sur votre facturation suivante. L'annulation reste gratuite jusqu'à 48 heures avant.
OnVaSortir : 39 € par mois — et par ville
OnVaSortir est le vétéran du secteur. Le site est né le 11 juillet 2007, prolongeant SortirSurParis.net, lancé en avril 2005 par Jérémy Routier. Il est exploité par la société NETUNEED, dont l'annuaire des entreprises indique « 1 ou 2 salariés » — une plateforme revendiquant plus de 100 000 membres à Paris tourne donc avec une poignée de personnes et des modérateurs bénévoles, ce qui explique l'essentiel des reproches sur l'absence de service client.
Le modèle économique est le plus opaque du comparatif, et OnVaSortir le sait : ses propres conditions d'utilisation plaident contre le tarif affiché en expliquant que « ce n'est pas 39 € par mois », puisque le forfait de quatre mois revient à 23,75 € par mois, puis à 19 € après un mois offert au premier renouvellement. Les forfaits ne se renouvellent pas tacitement et ne sont pas remboursables une fois entamés.
Deux règles décident pourtant à elles seules si l'abonnement vaut quelque chose. D'abord, le compte gratuit est « limité essentiellement à la consultation des fiches Profil des membres » : sans payer, vous regardez le catalogue sans pouvoir en profiter. Ensuite — et c'est la clause que personne ne cite — un compte n'est utilisable que sur le sous-domaine de la ville où il a été ouvert. Chaque ville est un site distinct, avec ses membres, ses compteurs et son abonnement. Déménager de Bordeaux à Rennes ne transfère rien : il faut rouvrir un compte et repayer, alors même que le déménagement est justement le moment où l'on a besoin de l'application.
Quelques détails d'usage utiles avant de payer : dans les grandes villes, il faut avoir participé à une sortie avant de pouvoir en organiser une. La « liste d'indésirables » fonctionne membre par membre et non globalement — bloquer quelqu'un vous protège de ses sorties à lui, pas de sa présence aux vôtres. Enfin, une convention d'interface héritée de 2005 subsiste : les pseudos masculins s'affichent en bleu, les féminins en rose. En revanche, contrairement à ce qu'affirment plusieurs guides, aucun quota hommes-femmes n'est documenté par la plateforme : ni les annonces publiques, ni les conditions d'utilisation, ni le dossier de presse officiel n'en mentionnent. Les jauges affichées sont de simples totaux.
Ces applications fonctionnent-elles vraiment dans votre ville ?
Rarement, et c'est mesurable. OnVaSortir publie sur chaque sous-domaine de ville le nombre de membres actifs, le nombre de sorties lancées depuis janvier et le nombre de participations. Ces compteurs sont propres à chaque ville. Relevés le 17 juillet 2026, ils montrent une plateforme vivante dans cinq ou six villes et quasi morte ailleurs, alors que le prix, lui, ne change jamais.
| Ville | Membres « actifs » annoncés | Sorties lancées en 2026 | Participants par sortie | Timeleft présent |
|---|---|---|---|---|
| Paris | 108 328 | 19 936 | 3,2 | Oui |
| Lyon | 41 989 | 7 423 | 4,4 | Oui |
| Lille | 29 031 | 6 740 | 4,1 | Oui |
| Nice | 24 649 | 6 150 | 4,7 | Oui |
| Marseille | 37 305 | 4 411 | 5,1 | Oui |
| Bordeaux | 33 093 | 1 858 | 2,9 | Oui |
| Grenoble | 14 658 | 1 619 | 4,8 | Non |
| Montpellier | 21 616 | 1 458 | 4,3 | Oui |
| Nantes | 20 151 | 872 | 3,4 | Oui |
| Strasbourg | 14 067 | 825 | 1,3 | Oui |
| Rennes | 17 011 | 541 | 2,1 | Non |
| Toulouse | 18 075 | 136 | 1,2 | Oui |
La lecture de ce tableau est brutale. Toulouse affiche 18 075 membres actifs et 136 sorties en six mois et demi, soit 0,7 sortie par jour pour la quatrième ville de France — et 1,2 participant par sortie, ce qui signifie que la majorité des sorties toulousaines se déroulent sans personne d'autre que celui qui les propose. Strasbourg est à 1,3, Rennes à 2,1. À l'inverse, Lille lance 6 740 sorties et Nice en cumule 28 755 participations, davantage que Marseille : le nord et la Côte d'Azur portent la plateforme bien au-delà de leur poids démographique.
« Membres actifs » est donc un indicateur de vanité. Il compte les comptes non supprimés, pas les gens qui sortent. Le seul chiffre qui vous concerne est le nombre de participations rapporté au nombre de sorties, et il est public : ouvrez votre-ville.onvasortir.com et lisez la ligne sous le bandeau avant de sortir votre carte bancaire. C'est le test le plus utile de tout cet article, il prend dix secondes, et aucun comparatif ne vous le donne.
Le croisement avec Timeleft achève la démonstration. Grenoble a un OnVaSortir en bonne santé mais pas de Timeleft ; Toulouse a Timeleft mais un OnVaSortir à l'arrêt. Et à Rennes, Angers, Tours, Dijon, Reims ou Brest, aucune des deux ne tient la promesse. Pour ces villes-là, la question n'est plus « quelle application » mais « quelle activité » — un basculement que détaille notre guide pour trouver des activités près de chez soi.
Meetup : gratuit pour vous, coûteux pour celui qui organise
Meetup inverse exactement le modèle d'OnVaSortir. Le participant ne paie rien : créer un compte, chercher un groupe et s'inscrire à un événement sont gratuits. C'est l'organisateur qui règle l'addition, et cette asymétrie explique la physionomie du réseau en France.
Les tarifs organisateurs ont augmenté le 6 juin 2024, pour la première fois depuis 2019. Meetup ne publie aucun montant en euros : ses pages d'aide précisent que le prix dépend de la localisation, de la devise et de l'appareil utilisé pour souscrire, si bien que deux organisateurs français peuvent voir deux prix différents. Les témoignages d'organisateurs évoquent un passage de 98 à 179 dollars par semestre. Depuis le 11 octobre 2024, une formule Meetup Starter gratuite existe, mais elle est verrouillée : un seul groupe, deux événements par mois, dix participants maximum, réservée aux nouveaux organisateurs et définitivement perdue dès la première montée en gamme.
Conséquence directe : en France, Meetup se concentre là où un organisateur peut absorber ce coût, c'est-à-dire dans quelques très gros groupes. Les plus importants à Paris sont explicitement anglophones ou expatriés — Paris with Internationals and locals rassemble 44 404 membres, Afterwork Paris 36 573. À Lyon, le classement est dominé par l'échange linguistique : My English Language Meetup et Vendredi Polyglotte dépassent chacun 5 400 membres. Meetup en France est donc, dans les faits, un outil d'expatriés et de pratique des langues plus qu'une application de sorties françaises. C'est une excellente nouvelle si vous voulez pratiquer l'anglais ou rencontrer des étrangers ; c'est un contresens si vous cherchez un groupe de trentenaires français pour un concert.
Une précision utile, car les guides s'y trompent régulièrement : le tarif de 2 dollars par inscription dont parlent encore certains articles était un test datant de 2019, à l'époque où WeWork possédait Meetup. Il a été abandonné. Meetup appartient depuis le 24 janvier 2024 à l'italien Bending Spoons, son troisième propriétaire en sept ans après WeWork et un groupe d'investisseurs mené par AlleyCorp.
Bumble BFF : gratuit, mais la France n'a pas la nouvelle version
C'est l'erreur la plus répandue des comparatifs francophones de 2026. Bumble a bien relancé son produit d'amitié sous la forme d'une application autonome baptisée BFF, reconstruite à partir de Geneva, rachetée le 1er juillet 2024 pour 17,5 millions de dollars. Mais cette relance de septembre 2025 concerne uniquement les États-Unis. La page d'assistance de Bumble est explicite : ailleurs dans le monde, l'application BFF n'est pas disponible. Un article qui conseille aux lecteurs français de télécharger « la nouvelle app BFF » les envoie vers une application qu'ils ne peuvent pas installer.
En France, l'amitié reste donc un mode à l'intérieur de l'application Bumble classique. Le détail est presque comique : la fiche américaine s'intitule désormais « Bumble Dating App », tandis que la fiche française conserve « Bumble : Rencontre, Tchat, Amis ». Aux États-Unis, la nouvelle application BFF est entièrement gratuite, sans aucune option payante — Bumble a confirmé dans ses documents financiers qu'elle n'a généré aucun revenu et qu'elle ne cherche pas à en générer. En France, vous dépendez des paliers payants de Bumble, entre 5,99 € et 34,99 €, et le quota quotidien de profils s'applique aussi au mode BFF.
Deux avertissements pratiques. Basculer du mode rencontre au mode BFF supprime vos correspondances existantes. Et Bumble ne publie aucun chiffre par pays : savoir si le mode BFF est peuplé à Limoges ou à Perpignan est impossible, y compris pour nous. Le seul argument honnête en sa faveur est qu'il ne coûte rien d'essayer.
Comment se faire des amis quand on vient d'arriver dans une ville ?
La méthode la plus efficace n'est pas une application d'amitié, mais une activité récurrente qui existe déjà. Les applications d'amitié demandent de créer un lien à partir de rien ; un club, un cours ou une association fournissent un prétexte, une fréquence et des visages qui reviennent. La répétition fait l'amitié, pas l'algorithme — et c'est là que les applications sectorielles battent les généralistes.
Les chiffres de l'App Store français le confirment sans ambiguïté. La plus grosse application pour « trouver quelqu'un avec qui pratiquer » n'est pas une application d'amitié : c'est Ten'Up, l'application officielle de la Fédération française de tennis, avec 84 845 notes — soit cinquante fois Timeleft et ses 1 536 notes. Anybuddy, dédiée au padel, au tennis et au squash, affiche la meilleure note de tout ce comparatif, 4,79 sur 5. Les clubs Strava permettent de créer des sorties de groupe gratuites, avec point de rendez-vous, horaire et limite d'inscrits. Côté langues, Tandem devance HelloTalk en France avec 17 241 notes.
Trois autres pistes méritent d'être connues. Meet5, application allemande, vise explicitement les plus de 30 et 40 ans, tranche d'âge que Timeleft dessert mal si l'on en croit les avis. Nextdoor est bien vivante en France, avec 24 210 notes, et cible le voisinage immédiat ; sa rivale française AlloVoisins en compte 76 548, orientée services et prêt d'objets plutôt qu'amitié. Enfin, pour les joueurs, Meetles, LudoSoir, Bonne Pioche et MyLudo permettent de trouver des joueurs près de chez soi — des outils minuscules mais gratuits, et souvent plus efficaces qu'une application généraliste dans une ville moyenne.
Le contrepoint qui devrait faire réfléchir avant tout téléchargement : d'après l'Ifop, 36 % des Français estiment que le temps passé sur les réseaux sociaux augmente leur sentiment de solitude, et ce chiffre monte à 58 % chez les 18-24 ans. Les plateformes que l'on utilise déjà ne sont pas celles qui produisent des sorties. Une séance de cinéma en plein air à Lyon, gratuite et récurrente tout l'été, crée plus de conversations qu'un fil de profils à faire défiler.
Vous avez déjà des amis : le problème, c'est de décider
Pour une grande partie des lecteurs, le problème n'est pas de rencontrer des gens : c'est que le groupe existe et ne fait rien. Personne ne propose, personne ne tranche, et la sortie meurt faute d'idée concrète. Aucune application d'amitié ne traite ce cas — elles fournissent des personnes, jamais des plans. C'est exactement l'inverse dont un groupe constitué a besoin.
C'est là que le rapport de forces s'inverse en faveur des applications de découverte. Oniva permet de chercher dans plus de 80 000 événements partout en France, gratuitement et sans abonnement : concerts, festivals, guinguettes, expositions, marchés nocturnes, brocantes, séances en plein air. Vous fixez votre ville et un rayon, vous filtrez sur le week-end ou sur les événements gratuits, et vous arrivez dans la conversation du groupe avec une proposition datée plutôt qu'un « on fait quoi ? ». La différence est décisive : à Rennes, à Angers ou à Dijon, où ni Timeleft ni OnVaSortir ne fonctionnent, les événements, eux, existent — ils ne manquaient jamais, c'est leur visibilité qui manquait. Un festival comme Hop Pop Hop à Orléans les 11 et 12 septembre réunit des gens sans qu'aucun algorithme n'ait eu à les apparier.
Restent la date, le covoiturage et l'addition. Ce terrain est déjà couvert par des outils gratuits et spécialisés — sondage de dates, liste partagée, répartition des dépenses — que nous détaillons dans notre guide des applications de gestion d'événements, avec les tarifs 2026 de chacun. La règle utile tient en une phrase : ne cherchez pas l'application unique qui ferait tout. Une app pour l'idée, un sondage pour la date, un outil de comptes pour l'addition — c'est plus efficace et cela ne coûte rien.
Patook, Party with a Local : les applications mortes que les guides recommandent encore
Un test simple permet de juger la fiabilité d'un comparatif d'applications amicales : cherchez-y Patook. C'était l'application « strictement platonique », connue pour son détecteur automatique de drague et sa clause anti-flirt. Elle figure encore dans quantité de sélections intitulées « meilleures applications pour se faire des amis en 2026 ». Elle n'existe plus.
Vérification faite le 17 juillet 2026 : la fiche Patook ne renvoie aucun résultat sur l'App Store français, américain ni britannique, sa page Google Play retourne une erreur 404, et le domaine patook.com pointe désormais vers une page de parking de nom de domaine. L'application est retirée de tous les magasins et le site est éteint. Party with a Local est dans une situation voisine : le domaine résout encore mais ne répond plus, sans annonce officielle de fermeture. Knockk, application française qui revendique plus de 400 000 membres, mérite plus de nuance : l'application est bien vivante sur l'App Store avec 3 484 notes, mais sa dernière mise à jour remonte au 27 février 2026 et son site ne répond pas — deux signaux à surveiller avant de s'y investir.
Ce n'est pas un détail. Un guide qui recommande une application supprimée n'a testé aucune des autres, et ses prix sont probablement aussi périmés que le ticket Timeleft à 13 €.
Ce que ces applications coûtent vraiment sur un an
Le prix affiché ne dit presque rien du coût réel, parce que les postes cachés diffèrent d'une application à l'autre : le repas chez Timeleft, la ville chez OnVaSortir, l'organisation chez Meetup. Voici les coûts complets, en distinguant ce que vous payez à l'application de ce que vous payez sur place.
| Application | Coût de l'app | Coût réel sur place | Le piège |
|---|---|---|---|
| Timeleft | 17,99 € · 41,99 € · 56,99 € | Le restaurant, intégralement à votre charge | 35 % d'un mois d'abonnement en cas d'absence · addition rarement séparée |
| OnVaSortir | 39 € le mois · 23,75 €/mois sur 4 mois | Selon la sortie | Valable sur une seule ville · non remboursable · gratuit = lecture seule |
| Meetup | 0 € pour le participant | Variable, fixé par l'organisateur | Aucun tarif en euros publié pour organiser soi-même |
| Bumble mode BFF | 0 € · options 5,99–34,99 € | Aucun | Quota quotidien de profils · bascule = perte des matchs |
| Ten'Up, Anybuddy, Strava | 0 € | Le court ou rien | Suppose de pratiquer l'activité |
| Oniva | 0 € | Selon l'événement, gratuits filtrables | Fournit l'idée, pas le groupe |
Un an de Timeleft à raison d'un dîner par semaine, c'est l'abonnement plus cinquante additions de restaurant. Un an d'OnVaSortir dans deux villes, c'est deux abonnements. Ces deux phrases suffisent à écarter la moitié des candidats.
Ce qui tourne mal, d'après les utilisateurs eux-mêmes
Sur les 199 avis français les plus récents de Timeleft, environ un tiers sont à une ou deux étoiles, pour une note moyenne de 4,45 sur 5 — l'application revendique pourtant « 4,7 et plus » dans sa communication. Le reproche le plus fréquent est l'écart d'âge : des utilisateurs décrivent des tables où la différence atteint vingt ou trente ans, malgré la promesse d'un appariement par tranche. Viennent ensuite les tables annulées faute d'inscrits — un cas documenté à Bordeaux, prévenu par courriel le jour même à 16 h — et le déséquilibre hommes-femmes, avec des tables signalées à six hommes pour deux femmes.
Le cas le plus instructif est celui d'un abonné annuel de Versailles : Timeleft a supprimé la ville de sa liste, laissant Paris comme seule option à plus d'une heure de route, abonnement déjà payé. C'est le risque propre aux villes de deuxième rideau, et il est structurel : Timeleft reconnaît lui-même que l'appariement fonctionne moins bien « dans les villes avec moins de membres ». Signalons aussi que les préférences alimentaires ne sont pas toujours respectées — un végétarien raconte s'être retrouvé dans un restaurant « 100 % carnivore » — et que la langue de la table peut surprendre.
Du côté d'OnVaSortir, les critiques portent moins sur le concept que sur le paiement par ville, la suppression de comptes et l'absence de réponse du support — cohérent avec une société de un à deux salariés. Un point mérite d'être dit clairement aux femmes qui hésitent : la confusion avec un site de rencontres est le premier motif de suppression de compte selon les modérateurs, ce qui prouve à la fois que la règle est appliquée et que le problème est réel. Enfin, la page officielle des villes de Timeleft recense 162 villes dans 48 pays, quand sa fiche App Store en revendique « plus de 250 » dans 52 pays : quand une application se contredit sur son propre périmètre, vérifiez votre ville avant de payer, pas après.
Questions fréquentes — applications de sorties amicales
Quelle application pour se faire des amis en France ?
Cela dépend de votre ville. Timeleft organise des dîners entre inconnus le mercredi soir, mais uniquement dans dix villes françaises : Bordeaux, Lille, Lyon, Marseille, Montpellier, Nantes, Nice, Paris, Strasbourg et Toulouse. OnVaSortir couvre beaucoup plus de villes, mais son activité réelle s'effondre en dehors de Paris, Lyon, Lille, Nice et Marseille. Meetup est gratuit pour les participants et fonctionne bien pour un groupe thématique, avec une forte coloration expatriée et anglophone. En dehors des dix plus grandes agglomérations, la voie efficace consiste à rejoindre une activité qui existe déjà — un club, un festival, une association.
Combien coûte Timeleft ?
Timeleft est passé à un modèle d'abonnement : la réservation d'un dîner exige un abonnement actif, et le ticket à l'unité n'existe plus. L'App Store français affiche trois formules, à 17,99 €, 41,99 € et 56,99 €. Le repas n'est pas compris — vous réglez le restaurant sur place, en plus de l'abonnement, en ayant seulement choisi une gamme de budget à la réservation. Les articles qui annoncent encore « 13 € le dîner » décrivent un modèle tarifaire supprimé.
OnVaSortir est-il gratuit ?
Non, pas en pratique. Les conditions d'utilisation précisent qu'un compte gratuit est « limité essentiellement à la consultation des fiches Profil des membres » : vous pouvez regarder, pas participer. Le forfait est affiché à 39 € pour un mois, et le site explique lui-même que la formule de quatre mois revient à 23,75 € par mois, puis 19 € au premier renouvellement. Surtout, le compte n'est valable que sur le sous-domaine de la ville où il a été ouvert : un déménagement impose de repayer.
Meetup est-il gratuit ?
Oui pour les participants : créer un compte, chercher un groupe et s'inscrire à un événement ne coûte rien. C'est l'organisateur qui paie, et les tarifs organisateurs ont augmenté le 6 juin 2024, pour la première fois depuis 2019. Meetup ne publie aucun tarif en euros — ses pages d'aide indiquent que le prix varie selon la localisation, la devise et l'appareil utilisé pour souscrire. Des organisateurs témoignent d'un passage de 98 à 179 dollars par semestre.
Timeleft est-il une application de rencontre ?
Timeleft répond non sur son propre centre d'aide : « Timeleft est une expérience sociale. » Le format va dans ce sens — six personnes à table, aucun échange de messages avant le dîner, une composition mêlant les âges et les genres. OnVaSortir est plus explicite encore : d'après ses modérateurs, le premier motif de suppression de compte reste l'usage du site comme site de rencontres amoureuses. Cela n'empêche pas la confusion d'exister dans les faits, et c'est une critique récurrente des utilisatrices.
Quelle application pour sortir entre amis quand on n'habite pas dans une grande ville ?
Aucune application d'amitié ne tient la promesse hors métropole : Timeleft n'existe que dans dix villes, et OnVaSortir n'a lancé que 136 sorties à Toulouse depuis janvier 2026, pour 163 participations. À Rennes, Angers, Tours ou Dijon, la logique s'inverse : au lieu de chercher des gens puis une activité, partez de l'activité. Les événements existent partout — Oniva en recense plus de 80 000 dans toute la France, communes rurales comprises. Un concert gratuit ou un festival de village réunit des gens sans abonnement ni algorithme.
Quel profil, quelle application — le verdict
| Votre situation | Application | Pourquoi |
|---|---|---|
| Vous arrivez à Paris, Lyon, Lille, Nice ou Marseille | Timeleft | Format cadré, aucune négociation, six personnes le mercredi |
| Vous voulez tester sans dépenser un euro | Meetup ou Bumble mode BFF | Gratuits pour le participant, sans engagement |
| Vous habitez Grenoble, Rennes, Angers, Tours, Dijon | Ten'Up, Anybuddy, Strava et Oniva | Les apps d'amitié y sont vides ; les clubs et les événements, non |
| Vous voulez pratiquer une langue ou rencontrer des étrangers | Meetup, Tandem | Les plus gros groupes français sont anglophones |
| Vous avez plus de 40 ans | Meet5, OnVaSortir si votre ville est active | Timeleft est régulièrement critiqué sur ses tranches d'âge |
| Vous avez déjà un groupe qui n'arrive pas à décider | Oniva | Plus de 80 000 événements en France : une proposition datée, pas un « on fait quoi ? » |
Le réflexe qui fait gagner le plus de temps reste le même quelle que soit la ville : avant de payer, mesurez. Ouvrez le sous-domaine OnVaSortir de votre ville et lisez le ratio participations sur sorties ; vérifiez que Timeleft dessert bien votre commune et pas seulement la métropole voisine. Ensuite seulement, choisissez. Et si le verdict est qu'aucune application d'amitié ne vit chez vous — ce qui est le cas dans la majorité des villes françaises —, la sortie reste possible : c'est l'événement qui rassemble, pas l'algorithme. Le calendrier de ce qu'il y a à faire ce week-end en France et une première édition comme Zik'n'Dry, le 19 septembre dans le Loiret, valent mieux qu'un abonnement dans une ville où personne ne sort.
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